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À propos



Le groupe “Les amis d'Al Rowwad 21“ a été constitué pour accueillir à Quetigny (Côte d'Or), lors d’une tournée internationale en 2008, les acteurs et danseurs du centre Al Rowwad du camp de réfugiés d’Aïda à Béthléem. Ils sont revenus en 2011 et nous sommes régulièrement en contact avec eux pour un projet de partenariat. En 2014, nous avons reçu, toujours à Quetigny, le “Yes Theatre“ d’Hébron.

A travers ces spectacles, ils nous ont raconté l’histoire de leur pays et nous ont ouvert les yeux sur la réalité de la colonisation. Nous avons découvert leur résistance pacifique en particulier par la culture et les arts.

Aller leur rendre visite à Aïda, à Hébron… découvrir leur vie au quotidien… ce  désir est né rapidement. Au-delà de ces rencontres nous souhaitions également découvrir la Palestine et ses hauts lieux historiques, mais surtout  rencontrer:
- différents acteurs du développement,
- des associations palestiniennes ou israéliennes, engagées dans la résistance pacifique,
- voir plus clair dans ce conflit,
- comprendre comment ils résistent depuis si longtemps,
- concrétiser notre projet de partenariat avec Aïda.

Grâce à l’agence palestinienne DIWAN, nous sommes donc partis, en mai et juin 2015, à 16 personnes pour 12 jours.
Nous n’avions pas prévu au départ de faire une restitution de notre voyage. Ce sont les associations rencontrées sur place qui ont insisté pour que nous témoignions.

Nb : Le temps de chargement complet des images peut être plus ou moins long étant donné leur taille et leur nombre. Par ailleurs, chacun des chapitres est autonome et peut être lu dans un ordre indifférent en cliquant simplement sur les intitulés du sommaire (après chargement complet).
 
Cartes de situation
La Palestine au fil du temps
La Cisjordanie actuelle
La Cisjordanie actuelle
L'encerclement de Jérusalem
L'encerclement de Jérusalem, par l'occupation des territoires situés à l'est
Exemple de colonies israéliennes
Exemple de colonies israéliennes (quartier isolé au premier plan et cité entière en fond)
séparées du territoire palestinien par le mur. La voie de circulation rapide est réservée aux colonies.
 
Valérie Féron
Valérie Féron

Nous avons rencontré Valérie Féron, une journaliste française qui vit à Jérusalem-Est depuis plus de 10 ans.

A son avis, on est dans la continuité de la politique d’expulsion de 1948. Il existe des pays où la situation est plus dure qu’en Palestine, mais la Palestine est comme un témoin de leur souffrance. L’identité liée à la terre est ébranlée car cette terre, on veut la leur retirer. La Palestine, c’est aussi être là avec l’envie de vivre.

Valérie Féron ne voit pas les Palestiniens se radicaliser mais ils se raccrochent à ce qu’ils peuvent : la terre, Dieu. Quant à la société israélienne, elle est radicale depuis le début du sionisme. Depuis 1967, la guerre est vue comme la volonté de Dieu. Les Israéliens pensent : "le monde est contre nous mais peu importe car Dieu est notre chef". Le discours de la gauche va lui aussi dans ce sens : "cette terre est à nous, même si certains disent : on peut en laisser un peu aux palestiniens".

Nous avons demandé à Valérie Féron ce qu’elle pensait du conflit entre Israël et la Palestine. Pour elle, c’est très simple : un peuple veut prendre la place de l’autre. Après l’empire ottoman, la France et la Grande-Bretagne divisent le pays et décident qu’un des peuples ne sera pas indépendant : « Votre terre sera un pays pour les juifs ».
Il s’agit d’un conflit territorial dans lequel le but est de faire disparaître les Palestiniens en tant que peuple :
- l’axe territorial c’est la conquête, comme à Nabi Samuel,
- l’axe démographique, c’est un village de 5 000 palestiniens à côté d’une colonie de 40 000 habitants implantée sur les terres du village.

La journaliste identifie deux atouts pour les peuples du Moyen Orient :
- le lien à garder entre les musulmans et les chrétiens arabes,
- la culture.

Comme tous les militants que nous avons pu rencontrer, Valérie Féron constate que tout pouvoir d’action vient des associations, des militants, et elle confirme l’importance du BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction)
Rencontre du groupe avec Valérie Féron
Rencontre du groupe avec Valérie Féron à la maison d'Abraham à Jerusalem
  
Michel Warschawski
Michel Warschawski
Michel Warschawski est juif israélien. Il est né en 1949 à Strasbourg où son père était grand rabbin. A 15 ans, il part à Jérusalem pour des études talmudiques et décide d’y rester. En 1967, juste après la guerre, lui dont les parents ont survécu à l’occupation nazie, prend conscience de ce qu’est l’occupation et s’engage contre.
« Peu importe qui a commencé, j’accompagne l’occupé ! »
Antisioniste et anti colonialiste, en 1984 il est cofondateur de l’AIC (alternative information center) institution qui permet aux israéliens et aux palestiniens de travailler ensemble pour la paix et la justice.
Pour lui, il n’y a jamais eu de processus de paix, par contre le processus de colonisation lui, est bien réel. La colonisation a deux visages :
- la construction de maisons, sur des terres arrachées aux palestiniens, généralement sur le sommet des collines,
- le mitage : les juifs s’installent dans des maisons où les Palestiniens sont absents ou achètent des maisons à des palestiniens. Puis pour assurer leur sécurité, ils interdisent aux palestiniens d’ouvrir les volets du côté de la maison israélienne ou détruisent les maisons aux alentours.
Un constat le préoccupe chez les nouvelles générations d’israéliens : « moins de manifestants contre la colonisation et départ des meilleurs de nos jeunes fuyant le racisme, la peur, la société brutale. Il ne va rester en Israël que les violents et les racistes.  »

Il répondra ensuite aux questions posées :
- les Israéliens ont-ils peur des palestiniens ? « Oui, cette peur est entretenue par des racines historiques, dans le système d’éducation et par l’histoire juive que l’on enseigne. Aux dernières élections, Netanyahou a manipulé la peur et il gagné.  »
- 1 ou 2 états ?
« Cette question m’énerve… c’est très français… c’est comme si on te demande comment aimes-tu la bière : une grande ou un pack de 6 ! Je suis pour l’égalité, c’est à dire 2 états qui se respectent, ou 2 communautés dans un même état. »
- Israël est-il légitime ?
« Israël est illégitime ! C’est un état colonial composé de colons illégitimes comme dans toute colonisation. »

Pour terminer cet échange il nous dit : « ce que je fais est 100% égoïste. C’est pour que mes petits enfants puissent vivre en Israël sans qu’ils soient vomis par cette terre ! »
A la rencontre de Michel Warschawski
Michel Warschawski
 
Ali Jeddah
Ali Jeddah
Ali Jeddah est afro-palestinien. Il est né en 1950. En 1968, après la guerre des 6 jours, il ne supporte plus l’occupation israélienne et ses brimades et devient activiste au FPLP (Front populaire pour la libération de la Palestine). Il pose une bombe blessant 9 israéliens. Il a 18 ans, est condamné à 20 ans de prison. Il en sort 17 ans plus tard.
Pendant 15 ans, il est le porte-parole des prisonniers politiques, travaille avec Michel Wascharwski, et d’autres journalistes israéliens progressistes. En 1994 il quitte le journalisme et s’installe comme guide indépendant à Jérusalem. Il informe les touristes sur cette colonisation qui progresse irrémédiablement malgré les décisions des cours internationales, sur les provocations et humiliations subies par les palestiniens afin qu’ils quittent leur territoire.
Actuellement, il y a de plus en plus de tensions de provocations nous dit-il… comment réagir, que faire ? quelle stratégie utiliser ? « Je ne poserai plus de bombe cela ne fait pas avancer la situation mais comment retrouver un état de droit et notre dignité ? »
« Merci de venir nous voir, nous ne nous sentons pas abandonnés. Je vous demande une chose : à votre retour, informez votre entourage, vos élus de notre réalité afin qu’il y ait pression. Seule la pression internationale peut faire plier Israël. »
« Le boycott des produits israéliens (le BDS), action non violente, commence à porter ses fruits à l’image de ce qui s’est passé lors du boycott en Afrique du sud. Il faut démultiplier cette action afin d’isoler Israël et toucher la société israélienne par l’économie. Vous pouvez participer à cette action non violente et la vulgariser. »

« Ne vous souciez pas de ce qui arrivera après ! Nous sommes prêts pour vivre en démocratie, nous avons une société civile efficace et importante, nous avons expérimenté une économie de la résistance en solidarité avec de nombreux villageois…  »
Ali Jeddah en plus jeune
Ali Jeddah
Ali Jeddah avec Mustafa
Ali Jeddah avec Mustafa notre guide et interprète
 
Sami Abu Shehadeh
Sami Abu Shehadeh
Le logo de Jaffa
A Jaffa, nous avons rencontré Sami Abu Shehadeh, élu municipal de 2010 à 2013.

Initialement, Jaffa était la commune principale et Tel Aviv une petite commune périphérique. En 1950, Jaffa a été annexée par Tel Aviv, qui aujourd’hui, compte environ 500 000 habitants et l’agglomération environ 3 millions avec les petites villes juives alentours.
Les Palestiniens sont environ 30 000, ils ont été chassés de Tel Aviv, actuellement interdite aux jeunes arabes.
Du fait du racisme des israéliens, il est plus simple pour un palestinien d’aller de Jaffa à Paris que de Jaffa à Tel Aviv.
Sami a fait un mémoire sur l’histoire à l’Université de Tel Aviv. Il n’a pas le droit d’enseigner l’histoire de sa terre, mais l’histoire moderne de l’Etat d’Israël. Avec la création de l’état sioniste, l'histoire de la Palestine est effacée.
Après la Naqba (la “catastrophe“ de 1948 où 750 000 palestiniens ont dû quitter leurs villages), les Palestiniens résidant en Israël se sont vu imposer la nationalité “Arabe d’Israël“.
Sami nous dit : « Cette identification “Arabe d’Israël“ fait disparaître notre première revendication de “Palestinien“. Pour une majorité d’Israéliens, “Palestinien“ équivaut à "terroriste“. Dans le terme “Arabe d’Israël“, il est sous-entendu : “musulman“. »
« L’Etat d’Israël est basé sur la judaïcité, son comportement vis-à-vis des non-juifs est accepté par la population israélienne. La société est basée sur le racisme et sur le refus des Droits de l’Homme. »
« L’essentiel pour nous est d’inverser cette tendance en boycottant cet état raciste pour le pousser à respecter les Droits de l’Homme. Le boycott est un outil humain et pacifique qui permet d’obtenir des résultats. »
Pourquoi participer aux élections ?
« Nous sommes convaincus qu’en notre absence les partis sionistes prendront plus de place. Nous avons des réussites modestes aux demandes faites par la population pour atténuer ses souffrances. Au niveau du Conseil municipal, nous sommes marginalisés et nos propositions ne sont pas prises en compte. Nous sommes traités comme des ennemis dont on tolère la présence. »
« Lorsque la population m’avait sollicité pour demander une école ou un gymnase, ma demande n’a pas été entendue, j’ai compris que si je restais dans le groupe d’opposition, je n’obtiendrais rien. J’ai alors décidé d’entrer dans la coalition du Maire. J’ai eu accès à tous les dossiers. J’ai pu parler des revendications pour la population que je représentais dont 50% vit en dessous du seuil de pauvreté, je suis intervenu pour des problèmes d’eau et d’électricité. »
« Ma démarche n’a pas été comprise par mes pairs et aux élections suivantes je n’ai pas été réélu. »
Jaffa
Jaffa, en fond 2 tours de Tel-Aviv
Le groupe dans la cour de la maison du Comité populaire de Jaffa
Le groupe dans la cour de la maison du Comité populaire de Jaffa

Intérieur des bureaux du Comité populaire de Jaffa (Jaffa Popular Committee for the Defence of Land and Housing Rights)
 Intérieur des bureaux du Comité populaire de Jaffa
Dans la cour de la maison du Comité populaire de Jaffa
 
Battir
Battir
Village de 4000 habitants, Battir est habité depuis environ 4000 ans. Situé à flanc de collines, ce village de 350 ha pratique toujours la culture en terrasses.
Battir en 1993
Battir en 1893 - Construction de la ligne de chemin de fer reliant Jérusalem à Jaffa
Battir
Le système d’irrigation datant de l’époque romaine en fait un véritable jardin d’Eden. Des sources naturelles sont captées sur le village et alimentent une réserve d’eau qui sert également de piscine.
Battir
Les canaux conduisent l’eau sur les terrasses. Sur 8 jours les familles ont chacune un jour pour utiliser l’eau.
Battir
Après la création de la ligne verte en 1948, 30% des terres cultivées se retrouvent en territoires israéliens mais elles resteront accessibles aux habitants en échange de l’accès à la ligne de chemin de fer reliant Jérusalem à Jaffa.
Battir est menacé par l’extension du mur qui séparerait le village des terres irriguées provoquant leur abandon. Mais Battir résiste toujours comme en 1948 après les massacres perpétrés par les colons afin de faire fuir les populations.
L’histoire raconte que quelques villageois motivés par l'un d'entre eux, Hassan Mustapha, simulèrent pendant 8 mois la résistance de tout le village. Ils se déplaçaient de maison en maison allumant feux, bougies et lampes faisant sécher beaucoup de linge, maintenant l’irrigation des canaux et tirant avec une seule arme. Ils allèrent rechercher les autres habitants lorsque la situation fut sécurisée.
Dans les années 50, le village s’est développé. Une des deux mosquées fut détruite pour être remplacée par une école secondaire pour les filles.
Battir
Carte de Battir
Ligne rouge : mur construit - ligne orange : en construction - ligne noire : en projet - ligne verte : armistice 1948
Culture à Battir
Culture à Battir
Vue depuis la terrasse de l'écomusée
Vue depuis la terrasse de l'écomusée. En fond de vallée la ligne de chemin de fer
Battir
Depuis juin 2014, le village est inscrit par l'UNESCO dans la liste du patrimoine mondial en péril. Ce classement a permis jusque-là de geler l’extension du mur.
Récemment, afin de valoriser son patrimoine et développer le tourisme, Battir s’est enrichi d’un centre de loisirs, d’un parc, d’un sentier pédestre, d’un écomusée et d’une maison d’hôtes. Il s’associe avec d’autres villages pour créer un label des plus beaux villages du monde. Mais l’autorité palestinienne ne semble pas soutenir suffisamment ces projets.
Location de vélos
Location de vélos
Ecomusée
 Accueil de groupes à l'écomusée
Accueil de groupes à l'écomusée
 Salle de conférence de l'écomusée
Salle de conférence de l'écomusée
Cette valorisation de la richesse architecturale et patrimoniale est aussi un moyen de résister. Mais jusqu’à quand ? Les événements de cet été (menace de prolongation du mur) remettent en cause cet équilibre.
Battir
Battir
Battir
Battir
 
Fasayel
Fasayel
Un village complètement enclavé
Un village complètement enclavé par les colonies, les cultures et les zones militaires israéliennes
Dans la vallée du Jourdain, il y a 10 ans vivaient 300 000 palestiniens bédouins et paysans pauvres. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 80 000. 9 400 israéliens vivent dans les 37 colonies de la vallée. N’ayant plus leurs terres 10 000 palestiniens dont 800 femmes et enfants travaillent dans les colonies, ils sont sous-payés, pas de sécurité au travail, ni sociale, pas de retraite. Les Israéliens pratiquent une culture intensive d’exportation notamment de dattiers après avoir détruit oliviers, citronniers, maisons ou abris pour animaux.
Palmeraie cultivée par les colons
Palmeraie cultivée par les colons
Fasayel
Fasayel est un village agricole de la vallée du Jourdain, de 1500 habitants. Une partie du village où nous étions, est en zone C, c'est à dire sous autorité israélienne.
Fasayel
Nous avons eu une rencontre très chaleureuse, accueillis par Rashed le dirigeant du “Jordan Valley Solidarity“. Il est aussi coordinateur du “Comité populaire de la vallée du Jourdain“, réseau informel, constitué de volontaires palestiniens, de communautés de bédouins et de solidarité internationale.
Rashed
Fasayel
Ici l’accaparement des terres et la spoliation de l’eau sont flagrants comme dans toute la vallée. L’eau est pompée par les colonies israéliennes qui encerclent Fasayel et utilisent 7 fois plus d’eau que les Palestiniens.
Ces pompages profonds assèchent les sources de surface des palestiniens et ils n’ont plus accès à l’eau. N’ayant pas l’autorisation de forer suffisamment en profondeur, leur forage produit de l’eau salée. Il est donc indispensable de mélanger celle-ci à de l’eau de la montagne acheminée par camions citerne. Ils ont l’interdiction de réparer les puits existants et leurs citernes peuvent être confisquées. Les agriculteurs palestiniens sont contraints d’acheter l’eau à une compagnie israélienne à un tarif prohibitif. Rashed nous explique qu’ils mènent aussi une bataille juridique pour revendiquer leur droit à l’eau, qui est un droit humain et une cause nationale pour la Palestine.
Fasayel
Fasayel
Fasayel
Fasayel
Leur résistance est permanente :
- Par l’organisation et la formation des fermiers notamment en informatique, droit international, rédaction de rapports, afin qu’ils puissent se défendre ;
- Par l’adaptation au manque d’eau et à l’interdiction de construire ;
- Par le contournement des procédures pour avoir électricité, écoles, citernes ;
- Par la réappropriation des savoir-faire anciens, notamment pour la construction, par la fabrication de briques en terre et paille.
Rashed est très fier de nous montrer leur machine agricole transformée pour faire ces briques.
Fasayel
Fasayel
Fasayel
C’est grâce à leur génie inventif et leur organisation collective, leur solidarité, que les habitants ont réalisé une construction ronde avec ces fameuses briques et un joli toit en bois. Ce sera la maison des femmes, construite en 24 heures, un exploit pour prendre par surprise les Israéliens.
Fasayel
Résistance par l’investissement important des femmes, regroupées en comité, qui utiliseront la maison ronde, construite une semaine avant notre passage. Sa représentante nous dit : « Notre communication sur ce projet est de proclamer que nous avons le droit de construire, habiter, vivre ici. C'est un message à l'occupant, pour les Palestiniens, les jeunes, pour montrer aux démoralisés que l'action de résistance consiste aussi à construire concrètement et empêcher l'intervention des israéliens. Nous n’avons pas encore reçu l’ordre de démolition. Ils peuvent détruire cet édifice, mais nous, nous ne sommes pas détruits !»
Fasayel
Fasayel
Résistance également par les rencontres avec les groupes extérieurs afin d’obtenir des fonds et surtout dire à l’international ce qui se passe réellement.

Voici quelques uns de leurs projets :
- Travail avec des ouvriers agricoles et le théâtre de Ramallah sur les thèmes de la santé et de l’éducation ;
- Développement de l’élevage, des plantations d’oliviers, de citronniers, de dattiers avec l’union des fermiers palestiniens, comme l’a déjà réalisé l’AFPS 21 (Association France Palestine Solidarité de Côte d’Or) dans la vallée du Jourdain ;
- Mise en place d’une coopérative fromagère avec le soutien du MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) de la région Rhône-Alpes ;
- Augmentation de la production agricole par la construction de citernes.
Fasayel
Fasayel
Fasayel
Fasayel
Bien qu’en zone C, les villageois essaient de mener une vie la plus normale possible et imaginent les astuces les plus complexes pour éviter ce qui est programmé, c'est à dire leur départ de ce village encerclé par les colonies.
Nous avons constaté toute l’énergie mise en œuvre pour résister coûte que coûte. Régulièrement ces efforts sont balayés par les interventions de l’armée israélienne, comme cela a été le cas encore le 18 août 2015. Il y a eu destruction de maisons, du réseau d’électricité, ils n’ont plus d’eau, destruction des citernes !
Fasayel - 18 août 2015
Nous nous posons des questions : Où est le respect du droit international ? Le respect des droits de l’enfant ? Que pouvons-nous faire ?
Lors de notre passage, Rashed nous a dit son plaisir à nous recevoir et de se sentir soutenus. Il nous demande surtout d’informer à notre retour le plus possible sur leur situation, faire connaitre leur mouvement, ainsi que la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) envers Israël, qui revêt tout son sens pour les produits agricoles de la vallée du Jourdain, exploitée par Israël.
Fasayel
Fasayel
 
Nabi Samuel
Nabi Samuel autrefois
Nabi Samuel autrefois (date inconnue, probablement dans la première moitié du 20ème siècle)
Nabi Samuel aujourd'hui
Nabi Samuel aujourd'hui
Carte de Nabi Samuel
Ligne rouge : mur construit - ligne noire : mur en projet - ligne verte : armistice 1948
Village millénaire proche de Jérusalem, à l’origine sur une colline où se trouve la tombe du prophète Samuel. Lieu stratégique, complètement encerclé et infiltré par les colons, ses maisons, ses fruitiers et ses vignes ont été détruits, remplacés par des pins ! Le pin, arbre colonial, qui pousse vite et stérilise le sol, triste symbole effaçant la mémoire.

« Jusqu'en 1967, il y avait 3000 personnes. Après la guerre des Six jours, les colons s'installent et deviennent majoritaires, détruisent le village et obligent les habitants à partir. Une petite minorité reste ici : 250 personnes qui résistent, s’arc-boutent en s’installant en bas de la colline, ils sont en zone C.
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Ce village n'est pas reconnu par Israël, la zone est classée réserve naturelle en 1990, parc national en 1995, tout est bon pour coloniser.
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Pour y accéder, une grande route pour les colons, une autre en mauvais état pour les Palestiniens, avec interdiction de poursuivre leurs travaux de réaménagement.
Pour entrer et sortir du village ils doivent passer par un check-point surveillé par des colons. Un tourniquet est installé avec le nom des gens qui ont le droit de passer.
La visite des familles est interdite. Les habitants n'ont pas le droit d'aller à Jérusalem, seulement en Cisjordanie.
Les habitants de Nabi Samuel se sentent complètement isolés, surveillés continuellement. Les colons ont plus de pouvoir que l'armée israélienne.
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Mur de soutainement du chemin dont la construction fut stoppée par une interdiction israélienne
Nabi Samuel
Malgré les grandes difficultés de vivre encerclés, humiliés sur leurs propres terres, les villageois résistent de manière non violente.
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Nous sommes accueillis par Nawat et son époux, qui nous parlent de leurs difficultés à vivre dans un village prison et nous disent :
« C'est une humiliation quotidienne. Il est de plus en plus difficile de rester ici et de convaincre les jeunes de rester ».
Nawat et d'autres femmes du village ont créé l'Association des femmes de Nabi Samuel, pour essayer de résoudre les multiples problèmes. Elle nous reçoit sous un hangar, c’est leur local, et nous explique leurs difficultés, leur mode de résistance et nous offre un repas préparé par les femmes, avec beaucoup d’enthousiasme et de dignité.
Elle nous présente leur vie au quotidien.
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Nabi Samuel
En matière de Santé :
C'est un des problèmes les plus importants. S’il y a urgence médicale il faut appeler les soldats qui font trainer la décision et ce sont eux qui décident s’il y a urgence ou non. Il est souvent trop tard. Les morsures de serpent, par exemple, leur posent un problème très important, elles sont souvent fatales. Ils n’ont pas le temps de rejoindre l'hôpital. Ils n’ont pas le droit de construire de clinique. Nawat est devenue sage femme par téléphone. Des médecins bénévoles viennent une fois par mois, deux heures, pour des consultations sur place. Ce n'est pas régulier.
Pour ce qui est de l’éducation :
Nawat est prof de math. Au village, une école a été démolie. Il en reste une, trop petite pour 70 élèves. Les déplacements pour rejoindre d’autres écoles à l’extérieur sont aléatoires. Le passage est parfois bloqué. Beaucoup d'enfants ne veulent plus aller à l'école.
Nabi Samuel - L'école
L'école entourée de grillages, surplombée par une maison de colons qui affiche le drapeau israélien
Nabi Samuel - L'école
La cour de l'école avec son tapis de gazon synthétique
Nabi Samuel
Quant au travail :
Les jeunes et les hommes n’ont pas le droit d'aller travailler à l’extérieur, en conséquence, les jeunes partent ailleurs. C'est ce que veut le gouvernement israélien. Les colons viennent chercher les jeunes illégalement. C'est de la main d’œuvre pas chère : aucune cotisation, aucun droit. Le salaire est très inférieur à celui d'un israélien
Jeunes filles de Nabi Samuel
Jeunes filles de Nabi Samuel
Ils ont quelques surfaces qu’ils cultivent. L’installation de ruches a été financée par la Norvège.
La France a financé des hangars, des poulaillers, l’élevage de chèvres. Abris et hangars ont été détruits et reconstruits aussitôt, jusqu’à quand ? Ces élevages sont utilisés pour nourrir la population et aussi pour servir des repas aux groupes qui passent, ce qui leur procure quelques revenus et un peu d’autonomie.

Nawat nous relate que chaque fois qu'ils veulent vendre les produits de la ferme en s'installant sur la route, les militaires sont là. Il faut jouer au plus rapide, on replie vite avant de se faire prendre. Cependant certains colons viennent ici pour acheter nos produits, illégalement, car ils reconnaissent la qualité supérieure de nos produits.
Elle ajoute : « Nous avons la chance de rester toujours en contact avec les Français qui représentent 70% des visites, ils sont très motivés. Nous ne vous remercierons jamais assez de venir voir comment nous vivons. »
Nabi Samuel
Nabi Samuel
Après cette rencontre, nous allons sur le sommet de la colline, visiter la synagogue, la mosquée est fermée.
En 1971, l’église qui dominait le village a été divisée en deux pour faire une synagogue qu’il faut traverser pour entrer dans la mosquée, une humiliation de plus !
C’est un lieu de pèlerinage à la fois Chrétien, Juif et Musulman. Pour les touristes, un document présente les lieux en faisant abstraction de l’histoire des musulmans et du village palestinien.
Devant ces lieux de culte, un ersatz de fouilles archéologiques qui sont en fait les ruines du vieux village détruit par mesure de sécurité pour les colons. Les Israéliens font de la désinformation auprès des touristes qui peuvent visiter Israël sans voir les Palestiniens et leurs difficultés.
Nabi Samuel
En fond, avec des toits rouges, les colonies israéliennes
Nabi Samuel
Nabi Samuel - La synagogue
Afficher une présence continue dans ce lieu historique pour en revendiquer l'appartenance.
 
Hébron
Hébron
C'est une ville de 180 000 habitants. Le district d’Hébron compte 600 000 habitants. C’est la plus importante agglomération de Cisjordanie tant sur le plan démographique que sur le plan économique : production de verres, de céramiques...
Hébron verreries
Hébron céramiques
Hébron céramiques
... de pierres de taille, de marbre, de chaussures, de textiles, dont le fameux keffieh.
Hébron keffieh
Ville biblique et historique… où se trouve le tombeau des Patriarches : Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, Jacob et Léa. Ce joyau architectural de la ville est un témoignage flamboyant de l’art mamelouk.
Hébron mosquée
Hébron mosquée
Hébron
On pourrait penser que c'est une cité paisible. il n’en est rien.
C’est une ville d’apartheid et d’humiliation.
Depuis 1997 la vieille ville est séparée en deux zones : H1 et H2 (H2 où se trouve le tombeau des Patriarches, est en zone C, c'est à dire sous administration et contrôle de la police israélienne).
Dans la vieille ville où vivent 45 000 palestiniens, les 400 colons installés dans 5 colonies au sein même de cette vieille ville sont protégés par 2 000 soldats israéliens.
Ce type de colonisation est unique car habituellement les colonies surplombent les centres urbains du haut des collines mais n’occupent pas le cœur de la cité comme ici.
Hébron
Côté palestinien au premier plan, côté israélien au fond
Hébron
Au delà de cette barrière, la colonie israélienne
Hébron, en bas du souk
En bas du souk - A droite les maisons occupées par les colons, à gauche quartier palestinien.
La rue qui les sépare est le lieu où se déroule le marché
Dans la vieille ville pas une seule journée sans problèmes avec les colons : magasins attaqués ou détériorés, jets de pierre, d’ordures et de gravats sur le marché depuis les bâtiments occupés par les colons et surplombant le souk, ce qui a conduit les Palestiniens à recouvrir les passages du souk par des grillages de protection.
Cette oppression permanente et les agressions multiples ont conduit plusieurs milliers de magasins à fermer.
Le droit de circuler n’existe pas. Toutes les rues et routes menant aux colonies sont murées par des barrières de tonneaux, de gravats ou barbelés.
Hébron
Des tôles et des filets pour  protéger le souk
Des tôles et des filets pour protéger le souk des jets de détritus et de gravats
Des tôles et des filets pour  protéger le souk
Des tôles et des filets pour  protéger le souk
Le souk demeure quand même un lieu animé malgré la surveillance, les contrôles aux check-points et l’omniprésence pesante des uniformes israéliens.
Le souk
Entre le souk et les bâtiments neufs de la colonie un no man's land fait de maisons et de magasins vides en cours de délabrement.
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land, les anciennes ruelles sont bloquées pour empêcher tout accès à la colonie israélienne
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans la zone de no man's land
Dans cette triste zone patrouillent des militaires israéliens ainsi que des observateurs de la TIPH (Temporary International Presence in Hebron) dont la mission est de surveiller et de rapporter les incidents provoqués par les Israéliens. D’après Mustapha notre guide ils ne servent à rien, sont bien payés et n’interviennent pas si un enfant se fait tuer sous leurs yeux car ils n’ont pas de mandat militaire ou de police.
Dans la zone de no man's land
Avec leurs gilets clairs, deux observateurs de la TIPH
La résistance est toutefois présente et très troublante. Au moment de quitter cette ville découpée, barbelée, balafrée, nous entendons avec force l’appel à la prière qui emplit tout l’espace rappelant la présence des musulmans dans cette ville semblant dire :  « malgré tout ce que vous nous faites subir nous sommes toujours là et debout »
Enfants d'Hébron
Dans un autre quartier de la ville  nous rencontrons l’association d’échanges culturels Hébron-France.
Ce centre culturel effectue un travail important de valorisation du patrimoine et d’aide sociale notamment à travers ludothèque, bibliothèque, soutien scolaire et activités culturelles proposées gratuitement aux enfants. Les adultes peuvent avoir des cours de français et d’informatique.
L’association propose des visites guidées de la ville, un accueil chez l’habitant mais aussi un parrainage d’enfants afin que les enfants de prisonniers ou de martyrs puissent avoir accès à l’école.
Hébron
Association d’échanges culturels Hébron-France
Abu Eisheh, professeur de droit, conseiller municipal de Hébron, président de l’association d’échanges culturels Hébron-France
Association d’échanges culturels Hébron-France
Association d’échanges culturels Hébron-France
 
Yes Theatre
“Yes Theatre
A Hébron, nous rencontrons ensuite nos amis du “Yes Theatre“ venus à Quetigny. C’est un théâtre de l’opprimé à la palestinienne...
Lieu de culture et d’éveil social, il se donne aussi une mission de médiation qui est un mot important dans cette ville où le conflit n’est jamais loin.
“Yes Theatre
“Yes Theatre
Le “Yes Theatre“ c’est aussi un moyen de dire que la société palestinienne ne se résume pas seulement à l’occupation israélienne.
Comme dans cette nouvelle pièce qui raconte l’émancipation d’une femme, sujet particulièrement sensible dans une ville aussi conservatrice qu’Hébron. La femme palestinienne, pilier de l’émancipation arabe est aussi l’élément central de la résistance à l’oppresseur. Nous l’avons découvert dans toutes les associations rencontrées.
“Yes Theatre
“Yes Theatre
“Yes Theatre
“Yes Theatre
“Yes Theatre
“Yes Theatre
“Yes Theatre
“Yes Theatre
 
Bil'in
Bil'in
A Bil’in, village situé sur une colline à l’ouest de Ramallah, nous avons été reçus au Centre Culturel par des membres du Comité populaire contre le mur et la colonisation, également représentants de l’Association culturelle de Bil’in.
Bil'in
Bil'in
Bil'in
En 2005, le Comité populaire de Bil’in s’est créé pour s’opposer à la construction du mur de séparation qui a concrètement séparé les habitants du village de la moitié de leurs terres cultivables.
Bil'in
Le comité a privilégié la résistance non violente, d’une part par des actions juridiques, d’autre part par des rassemblements pacifiques hebdomadaires.

Les pressions locales et internationales sur la Cour Suprême israélienne ont permis d’obtenir la modification du tracé du mur et la restitution d’une petite partie des terres.
C’est un résultat positif pour les habitants de Bil’In mais avec une contre-partie : le mur est politiquement légitimé. De plus, comme la colonie continue de se construire, elle empêche les villageois d’accéder aux terres restituées.
Bil'in
Aussi, la lutte se poursuit, toujours de façon non-violente face à la violence de l’occupant. Le témoignage de cette lutte est poignant car la réponse de l’armée israélienne est démesurée, allant même jusqu’à tuer des militants sans arme.
Bil'in
Au premier plan Bassem Abu Rahma, tué par les militaires israéliens en 2009 lors d'une manifestation pacifiste
Bil'in
Pour nous français, Bil’in est représentatif de la lutte non violente. En effet, chaque vendredi, ce sont des habitants du village, des associatifs de toutes nationalités et aussi des israéliens, qui marchent pacifiquement pour protester ensemble contre le mur et la colonisation. Et en France, depuis plusieurs années, à l’initiative du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente), rejoint par d’autres associations, des rassemblements de soutien ont lieu dans de nombreuses villes le 1er vendredi de chaque mois.
A Dijon, ce rassemblement se tient Place du Bareuzai.
Bil'in
Bil'in
A Bil’in, notre groupe de voyageurs a été témoin de la réaction de l’armée, puisque nous y étions un vendredi et ce jour-là, il y avait une marche tranquille vers le mur, et pourtant la réaction des soldats a été immédiate !
Bil'in
Bil'in
Bil'in
Bil'in
Bil'in
Bil'in
Bil'in
Tirs de grenades lacrymogènes et irritantes par les soldats israéliens
Bil'in
En 2007, a été créée l’association culturelle de Bil’In, dont l’objectif est de préserver l’identité culturelle en proposant des activités multiples, par exemple :
- Intervention d’un psychologue qui travaille avec les enfants, traumatisés par l’occupation et qui ne s’expriment pas ;
- Création d’un groupe de 18 danseurs de dabké, garçons et filles, volontairement mixte au sein d’une société conservatrice.

L’association a actuellement des difficultés de financement et cherche à se jumeler avec d’autres associations pour réduire les coûts.
Nos interlocuteurs ne nous ont pas caché que la résistance non-violente n’était pas de l’initiative des villageois, mais qu’ils continuent de cette façon car ils n’ont pas d’autre choix pour faire connaître leur situation. Ils parient sur la communauté internationale et les instances internationales.
Bil'in
 
Camp de Aïda
à Bethléem
Camp de Aïda
Ce camp existe depuis 1950. C’est un des 59 camps mis en place après 1948. Il a bien fallu mettre quelque part les 750 000 palestiniens fuyant ou étant expulsés de leur village après la Naqba, la catastrophe de 1948. 760 villages ont été anéantis ; chaque famille garde la clef de la maison perdue, trésor unique, que l’on se transmet de génération en génération.
La majestueuse clé installée au-dessus de la porte d’entrée du camp symbolise ce droit au retour pour les Palestiniens expulsés de leur maison et de leurs terres.
Camp de Aïda
Après avoir vécu sous tente pendant 6 ans, chaque famille a pu avoir, pour se loger un cube en dur de 12 m2 vite trop petit.
Camp de Aïda
Aucune possibilité d’extension. A chaque mariage on construit une pièce en hauteur.
Camp de Aïda
Camp de Aïda
Certains immeubles ont même une serre sur le toit où poussent des légumes. Sur les terrasses trônent d’énormes citernes dans lesquelles les Palestiniens stockent l’eau entre deux approvisionnements car le réseau d’eau n’est ouvert que tous les 20 jours.
Camp de Aïda
6 000 personnes vivent actuellement au camp d'Aïda sur 40 000 m2 (soit une densité de 150 000 habitants/km2). 66% ont moins de 24 ans. 30% de la population est au chômage.
Pas d’espaces verts, les rues sont très étroites.

C’est une vraie ville avec petits commerces, écoles, mosquées et son centre culturel et social Al Rowwad.
Camp de Aïda
Camp de Aïda
Camp de Aïda
Camp de Aïda
Camp de Aïda
Carte de situation du Camp de Aïda
Pour situer le camp d’Aïda sur la carte interactive en fin du diaporama
Depuis 2005 le camp est cerné par le mur. 5 miradors, de multiples caméras, l’armée israélienne fait des incursions régulières en faisant des provocations. Depuis fin 2014, le camp d'Aïda est en zone C.
Le mur de 8 m de haut est souvent recouvert de graffitis, de visages de martyrs ou de palestiniens emprisonnés.
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
Le mur au Camp de Aïda
La colombe de Bansky
La colombe de Bansky
 
Le centre culturel “Al Rowwad“
dans le camp d'Aïda
Centre  culturel Al Rowwad
entre  culturel Al Rowwad
Emotion que de rencontrer, reconnaître les danseurs, les acteurs venus à Quetigny présenter leur spectacle. Abdelfattah, le directeur, nous accueille avec grand plaisir et nous fait visiter son centre.
La beauté des lieux, la qualité des matériaux, le choix des couleurs, le dynamisme des jeunes nous impressionnent.
Abdelfattah est né au camp de réfugiés d’Aïda. Il fait des études en France, revient en Palestine en 1998 et crée le centre Al Rowwad (les pionniers).
 Geneviève Perrier et Abdelfattah Abusrour
Geneviève Perrier et Abdelfattah Abusrour, directeur du centre Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Passionné par le théâtre, il choisit la culture, les arts comme moyen d’expression, les danses pour retrouver ses racines, le théâtre qui permet de s’approprier et de raconter l’histoire de son pays et de la faire découvrir lors des tournées internationales.
Ces tournées permettent une bouffée d’air extraordinaire à ces jeunes enfermés, avec comme ligne d’horizon le mur et la guerre au quotidien.
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Il propose aux enfants du camp et aux familles une alternative à la violence au quotidien. Ce qu’il appelle la “Belle Résistance“, c’est déjà faire la paix en soi, vouloir la vie, la célébrer, apprendre son histoire, garder sa dignité, ses racines, avoir des projets, tout cela pour éviter la violence, la désespérance et les attentats suicides.
Premier camp de réfugiés à disposer d’un jardin d’enfants, d’un centre de loisirs, d’une équipe de foot féminine...
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Une ludothèque mobile se déplace à l’intérieur du camp et dans d’autres camps de réfugiés. Importance du jeu et du jouet pour apprendre à l’enfant le partage, le respect des règles, la coopération.
Ces jeux et jouets sont fabriqués par l’atelier bois du centre. Abdelfattah veut professionnaliser cet atelier bois et produire des jeux et jouets de très belle qualité afin d’en commercialiser.

Notre groupe les amis d’Al Rowwad 21 a proposé de faire venir en stage en France deux jeunes de cet atelier afin qu’ils découvrent d’autres techniques de fabrication, d’autres jeux, nos ludothèques, les règles environnementales actuelles et nos techniques d’animation.
Centre  culturel Al Rowwad
Centre  culturel Al Rowwad
Actuellement Abdelfattah travaille sur un projet ambitieux : la création d’un centre d’apprentissage et d’accueil qui fera 5 étages.
Ce projet extraordinaire représente un coût total de 800 000 €. Abdelfattah recherche des financements dans le monde entier. En mai 2015 il a déjà trouvé 300 000 €.
La construction se fera étage par étage au fur et à mesure du financement.
Malgré la reprise des violences, l’intrusion et les provocations des soldats israéliens provoquant la mort d’une petite fille au camp de réfugiés d'Aïda cet été, ce qui a été prévu a vu le jour après le ramadan. Fin octobre, le 1er niveau du bâtiment est terminé.
Centre  culturel Al Rowwad
Centre en construction
Centre en construction
Centre en construction
Centre en construction
Quelques phrases fortes d’Abdelfattah pour conclure :


Nous n'avons pas le luxe d'être désespérés ni de baisser les bras, nous faisons ce qu'il y a à faire.

Nous ne résistons pas contre une religion mais contre une injustice !

C'est une guerre coloniale et non une guerre religieuse.


 
Lors de la soirée de restitution du voyage qui s'est déroulée à Quetigny devant un nombreux public le 19 novembre 2015, c'est à dire quelques jours après les attentats de Paris, Agnès (coordinatrice du groupe Al Rowwad 21) a lu en introduction, le message que Abdelfattah Abusrour, fondateur et directeur du centre Al Rowwad a fait parvenir au groupe le lendemain de cette tuerie.


Chers amis,
Ce sont des moments difficiles quand on voit la vie continuer et qu'on est forcé chaque jour de trouver une raison pour vivre, pour espérer, pour continuer cette belle résistance contre la laideur de l'occupation, de l'injustice, du racisme, de l'apartheid, des stéréotypes et des amalgames. 
 Ce sont des moments difficiles lorsqu'on voit des actes de terreur commis dans une ville qui est la mienne, ayant vécu 9 ans en France et 8 ans à Paris, la ville qui occupe une part de mon cœur, un pays où je me sentais parfois chez moi et parfois étranger mais qui continue à avoir une place de merveille en moi... et avec une nostalgie lors de chaque visite où je me souviens et je ressens encore ce sentiment d'être chez moi.
Mes amis de France, mes pensés sont avec vous, mon cœur bat fort, et mes larmes sont témoins contre cette tragédie de la terreur et de l'oppression, que ce soit la terreur de cet état d'occupation, ou celui de ce prétendu état islamique qui est dépourvu de toute forme de mon Islam, ou de la terreur de ceux qui tuent des innocents au Liban, en Syrie, en Iraq, au Yémen et partout dans le Monde. Cette déshumanisation de la beauté de notre humanité ne peut jamais nous réduire à l'état sauvage qu'ils représentent.
Gardons notre humanité, résistons à la tentation de virer vers la haine, la stigmatisation et les stéréotypes.
Patience ma France de Liberté, Fraternité et Égalité, patience et force ma France, le Sang qui a coulé est celui des Français de toute couleur et toute religion... Barbare et non-discriminatoire...
Ma France reste Belle... reste ouverte... reste digne.  Et une prière pour toutes les familles des victimes.

Abdelfattah Abusrour le 14 novembre 2015
 
Handala
Handala
Handala, c’est un petit bonhomme né sous la plume de Naji al-Ali, dessinateur palestinien expulsé à 11 ans de son village par la Naqba de 1948.
Naji al-Ali avait mis son talent et ses forces au service de la cause de son peuple, dénonçant, par l’humour et la caricature, les injustices et l’oppression subies par les Palestiniens. Handala, son alter-ego, apparaît en 1969.
Ce petit va-nu-pieds des camps a 10 ans et refuse de grandir tant que justice ne sera pas rendue à son peuple.
Naji al-Ali, chroniqueur impitoyable, sans concession, sera obligé de s’exiler. En 1987, il a été assassiné à Londres, on ignore encore par qui, l’enquête n’ayant jamais abouti. Handala lui survit et, le dos tourné, continue de témoigner. Il « se retournera lorsque son peuple sera devenu libre ».
Handala, notre groupe de voyageurs l’a souvent rencontré, tagué sur le mur de l’apartheid. Il nous interpelle et clame « qu’il faut faire mémoire et résister pour retrouver sa dignité ».

Un livre a été publié sur la vie et les dessins de résistance de Naji al-Ali.
Mahmoud Darwich
 

Nous aimons la vie autant que possible

Et nous, nous aimons la vie autant que possible
Nous dansons entre deux martyrs.
Entre eux, nous érigeons pour les violettes un minaret ou des palmiers
Nous aimons la vie autant que possible
Nous volons un fil au ver à soie pour tisser notre ciel, clôturer cet exode
Nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin inonde les routes comme une belle journée
Nous aimons la vie autant que possible
Là où nous résidons, nous semons des plantes luxuriantes et nous récoltons des tués
Nous soufflons dans la flûte la couleur du lointain, lointain, et nous dessinons un hennissement sur la poussière du passage
Nous écrivons nos noms pierre par pierre.
Ô éclair, éclaire pour la nuit, éclaire un peu
Nous aimons la vie autant que possible

Mahmoud Darwich

En fond, intérieur du musée M. Darwich à Ramallah
 
Liens et adresses utiles
Sites Internet
• AFPS - Association France Palestine Solidarité - http://france-palestine.org
• Agence Médias Palestine - http://www.agencemediapalestine.fr
• Al Rowwad (camp de réfugiés de Aïda) - http://alrowwad.org/fr/
• Artists for Palestine - http://artistsforpalestine.com
• BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) - http://www.bdsfrance.org
• Centre d’Information Alternatif (AIC), Jérusalem - http://www.alternativenews.org/english
• Coalition civique pour les Droits des Palestiniens à Jérusalem - http://www.civiccoalition-jerusalem.org/
• Diwan Voyage - http://www.diwanvoyage.net
• Jordan Valley Solidarity - http://jordanvalleysolidarity.org
• Les amis d'Al Rowwad (France) - http://amis-alrowwad.org
• OCHA - Occupied Palestinian Territory (site de l'ONU) - http://www.ochaopt.org
• OCHA - Cartes détaillées des territoires
• Stop the wall - http://www.stopthewall.org
• Yes Theatre à Hebron - http://www.yestheatre.org/pages/main?lan=fr

Textes en ligne
• Graux Allain, Un jour en Palestine occupée - Fasayel 2 juin 2015
• Abusrour Abdelfattah, Histoire d'une Belle Résistance
• Perrier Geneviève, Quelques points de repères sur l’histoire de la Palestine
Le programme du voyage

Note des auteurs
Ce diaporama est le résultat d'un travail collectif. Il peut être diffusé librement à condition de respecter son intégralité.
En revanche les photos ne peuvent être copiées ou reproduites pour quelque autre usage que ce soit sans l'autorisation de leurs auteurs respectifs. ©
 
Carte interactive de OCHA (ONU) montrant l'impact de la construction du mur de 2004 à 2014
Vous pouvez zoomer pour plus de détails (+ -) et déplacer la carte avec le curseur
source : http://www.ochaopt.org/content.aspx?id=1010271